Publié le 18 février 2021

Trentenaire de la disparition de Gaston Monnerville (1897-1991)

Né de parents Martiniquais en 1897 à Cayenne, Gaston Monnerville quitte la Guyane en 1912. Étudiant brillant à Toulouse, il devient avocat. Devant la Cour d’Assises de Nantes en 1931, il obtient l’acquittement de 14 Guyanais inculpés après la mort suspecte de Jean Galmot 3 ans plus tôt, un candidat aux législatives en Guyane.

 

Le procès des insurgés de Cayenne le révèle : il propose une plaidoirie exceptionnelle où il en profite pour dénoncer le système de la colonisation, les abus et la fraude électorale qui sévissaient en Guyane conduisant à l’empoissonnement de Jean Galmot. Ce succès lui ouvre les portes d’une longue carrière politique.

Député radical en 1932, il devient maire de Cayenne 3 ans plus tard. Il accède au gouvernement comme Sous-secrétaire aux colonies et obtient la suppression du bagne en 1938. Pendant la 2nde Guerre Mondiale, il rejoint la résistance. En 1946, il devient l’un des artisans de la Départementalisation des Antilles, de la Guyane et de la Réunion aux côtés d’Aimé Césaire, Léopold Bissol et Raymond Verges. Après-guerre, il est élu sénateur du Lot, puis président du Conseil général du Lot et maire de Saint-Céré. Il y a construit une station d’épuration des eaux et la mairie. Il s’est également occupé des rencontres internationales débouchant sur le festival de Saint-Céré.

En 1968, il devient Président du Sénat, 2e personnage de l’Etat qui assure l’intérim de la Présidence de la République en cas de vacance du pouvoir. Il n’a pas hésité à s’opposer à Charles De Gaulle. En octobre, il renonce à la Présidence de la Haute Assemblée puis appel à voter non au référendum sur la réforme du Sénat voulu par le Général. Selon lui, ce projet était inconstitutionnel, illégal et dangereux susceptible de conduire le pays à l’aventure. Le non l’emporte. A 6 mois près, Gaston Monnerville aurait pu devenir Chef de l’Etat. Quand De Gaulle démissionne le 28 avril 1969, c’est Alain Poher qui devient Président de la République par intérim. Si Gaston Monnerville n’avait pas démissionné, il eût été Président de la République en avril 1969 par intérim.

En 1991, M. Roger LISE (alors Sénateur de la Martinique et Maire de Case-Pilote, ville d'origine familiale de l'ancien président du Sénat) et de M. Gabriel LISETTE (ancien chef du Gouvernement du Tchad) fondent La « Société des Amis du Président Gaston Monnerville » (S.A.P.G.M.) dans le but d'honorer la mémoire et l'héritage laissés par cet grand homme de la République. Depuis 2017, c'est Georges Patient, sénateur Guyanais, vice-président du Sénat, qui en assure la Présidence.

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