Publié le 8 mars 2021

8 mars 2021 - le MOM célèbre les femmes | Outre-mer pluri'elles

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, retrouvez dans la série de portraits "Outre-mer pluri'elles", des portraits de femmes issues des territoires d'outre-mer.

Parce que les outre-mer sont pluriels, mais que les femmes qui les composent le sont également, rencontrez au travers de cette série de portraits des parcours et des histoires différentes et passionnantes dans le cadre de cette journée. Chaque jour, durant les semaines des 8 et 15 mars, un portrait vous est proposé afin de découvrir ces femmes qui font les outre-mer.

 

 


 

 

 

 

Outre-mer pluri'elles | Jenny Hippocrate, championne aux multiples talents en combat contre la drépanocytose

Dévouée et engagée depuis sa jeunesse dans de nombreuses actions, Jenny Hippocrate décide de faire de la drépanocytose le combat de sa vie à la naissance de son troisième fils, Taylor. Atteint de la forme la plus grave de cette maladie génétique peu connue, il est celui qui a motivé son rude et courageux combat, dont elle est devenue une référence incontournable. « J'ai voulu donner la vie à la mort, je suis donc partie en guerre », dit-elle déterminée à sauver tous les enfants du monde atteints de la drépanocytose*.

Jenny Hippocrate est née à Sainte-Marie, commune située au nord de la Martinique. Douzième d'une famille de quatorze enfants, elle est mère de 3 enfants. Femme "multicasquette", riche de nombreux talents, elle grandit dans une famille nombreuse et modeste : son père coupeur de canne, analphabète, mais compositeur de chansons, et sa mère, marchande de poisson qui a su mener sa barque en femme intelligente. Jenny s'en est inspirée pour mener des missions caritatives. Dès son plus jeune âge, elle a toujours envisagé une vie tournée vers autrui. Elle a suivi des études d'assistance sociale à Paris et a poursuivi ensuite par un Master en psychologie, pour aboutir à une spécialisation en milieu carcéral. Si Jenny avait déjà rejoint des associations caritatives, c'est à la naissance de son troisième fils, atteint de la forme la plus grave de la drépanocytose, que Jenny Hippocrate décide de faire de cette cause le combat de sa vie.

Elle rejoint " l'Association pour l'Information et la Prévention de la Drépanocytose " (APIPD), puis en devient Présidente, rôle qu'elle assure encore aujourd'hui depuis plus de 20 ans. Elle apprend très vite à connaitre la maladie sous toutes les formes. Elle se déplace dans plus de 100 pays, croise sur sa route les peuples souffrant de la maladie, mais rencontre aussi les croyances ancestrales (mauvais sort, malédiction) qui représentent un frein pour la faire mieux connaitre. Plongée dans des situations de grande violence où les populations s'affrontent dans des luttes fratricides, elle rencontre aussi des chefs de pays, des Premières dames qui l'ont aidée à avancer. En plus des croyances autour de la drépanocytose, très souvent les parents se sentent coupables d'avoir transmis la maladie à leur enfant. Pour mieux comprendre tout cela, elle va à la rencontre des villageois, des tradipraticiens, des marabouts et autres sorciers. Elle passe également avec succès un Diplôme universitaire (DU) d'accompagnement des personnes atteintes de maladies génétiques.
Pionnière de la lutte contre la drépanocytose, Jenny Hippocrate est la première à étudier, après avoir enquêté dans 17 pays d'Afrique, l'aspect socioculturel et la symbolique du sang dans les pays africains.

Afin de trouver des fonds pour faire avancer les choses, grâce à ses talents d'écriture, elle publie plusieurs ouvrages et reverse tous les fonds à son association. Conférencière, formatrice, jury et directrice des mémoires liés à la drépanocytose ou autres hémoglobinopathies, elle forme les étudiants et sensibilise partout les jeunes en âge de procréer. Elle se bat avec son équipe de bénévoles (3000 en France, 60 antennes dans le monde) contre toutes formes de discriminations liées à la drépanocytose. Se définissant comme une « enfant du monde », elle se déplace aux Caraïbes, en Afrique, aux USA, en Europe, pour informer et former aux méthodes de prévention et surtout lever les croyances et tabous de cette maladie. Leader d'opinion, elle a le don de savoir rassembler, mobiliser, convaincre et de rallier à sa cause des personnalités, scientifiques, artistes, politiques, sportifs... Décorée de la médaille d'Officier de l'Ordre National du Mérite, de celle de Chevalier de la Légion d'honneur, et d'une centaines d'autres distinctions, elle dédie ces distinctions à ses équipes bénévoles. Elle est à l'origine de DREPACTION, (une semaine de sensibilisation et concert caritatif avec appel au don) et a créé un document en direction des enseignants,  « La drépanocytose et l'école », un véritable outil de travail, pour les infirmières scolaires. Jenny Hippocrate siège dans plusieurs structures, instances de santé et fédérations d'associations dans les luttes contre les maladies ou de discrimination (déléguée de l'Organisation Internationale de lutte contre la Drépanocytose - OILD - pour la zone Caraïbes, entre autres). Elle est aussi vice-présidente du CREFOM, en charge de la santé et des associations et conseillère au 4ème collège du Conseil économique, social et environnemental d'Île-de-France.

Son ambition pour l'avenir : guérir les malades et éradiquer la maladie.

« On m'avait annoncé par téléphone que mon fils ne vivrait pas à l'âge de 5 ans, aujourd'hui, il a 28 ans, je pense que nous avons fait mentir la prophétie. Mon fils a défié jusqu'à maintenant la mort annoncée, il est même atteint d'une autre maladie génétique : l'écriture. Aujourd'hui, je n'ai plus peur de rien, sauf d'avoir peur un jour. Mon but ? trouver un remède pour guérir la drépanocytose, même si je dois laisser ma propre vie ! »

*La drépanocytose est une maladie héréditaire du sang, caractérisée par une mutation de l'hémoglobine (hémoglobinopathie) se traduisant par une grave anémie chronique (Source : Larousse).

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Outre-mer pluri'elles | Interview de Nuan Waengene, volontaire du service civique

Nuan Waengene, née en 2003 à Nouméa, est volontaire du service civique au conservatoire de musique. Retrouvez son portrait sous forme d'interview, réalisé par le Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie.

Lorsqu'on parle d'égalité homme-femme, qu'est-ce que cela représente pour vous ?
"L'égalité homme-femme serait pour moi, une banalité. Ce n'est pas un sujet dont on devrait débattre, cela devrait être aussi commun que de se brosser les dents ou prendre son petit-déjeuner !  Je vois, dans une réelle égalité homme-femme, l'évolution des mentalités, un point de vue nouveau et dépourvu de tous les stéréotypes d'un sexe par rapport à l'autre. Le sexe n'est pas un critère ni une compétence."

Pourquoi avoir choisi ce parcours professionnel (ou parcours d'engagement citoyen) ?
"J'ai choisi ce parcours professionnel (le service civique), car je ressens constamment un grand besoin d'indépendance. Je sais que je peux agir et obtenir des choses par moi-même, comme m'engager dans le service civique. J'ai la chance d'avoir trouvé un service civique qui correspond parfaitement à la disponibilité que j'ai en tant qu'étudiante à l'université. Ce service civique précisément me tient à cœur car il touche à un domaine, la musique, qui me plait énormément. Je suis quelqu'un qui a besoin d'un rythme pour avancer et m'engager dans la vie active à travers quelque chose qui me passionne, me motive. Cela me donne de belles perspectives sur ce que je suis capable de faire. Je vois des opportunités qui se présentent à moi et qui pourraient aussi se présenter à d'autres."

Quelles ambitions découlent de ce choix ?
"C'est pour tout ce que cela m'apporte en termes d'expérience et de connaissances, et surtout cela m'offre beaucoup d'autonomie. J'ai l'ambition de faire de ce domaine un métier de choix."

Plus personnellement, quels sont vos rêves ?
"Comme tout le monde, j'aimerais voir le monde, découvrir des paysages différents ou identiques de ceux que j'ai l'habitude de voir. J'ai envie de rencontrer des personnes et des personnalités, découvrir des mentalités autres que celles que j'ai déjà pu rencontrer. Mon unique rêve pour le moment est celui d'aller à la rencontre des gens."

En tant que femme, avez-vous déjà subi des inégalités de traitement ?
"Je n'ai personnellement jamais subi d'inégalité de traitement en tant que femme."

Un dernier mot pour les femmes souhaitant suivre le même parcours que le vôtre ?
"Il faut se donner des objectifs dans la vie, des idées qui vous feront avancer. Vous n'avez pas envie de vous lever en disant que tout le monde fait quelque chose qui lui plait ou qui lui sert, sauf vous. Je pense sincèrement que les femmes sont plus fortes qu'on ne le croit, donc n'ayez pas peur de tenir tête, d'aller au bout de vos projets même si un homme vous l'interdit, que ce soit un père ou un frère."

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Outre-mer pluri'elles | Marina Tehaamoana, un exemple du dépassement de soi

Marina Tehaamoana est originaire de la petite île d'Hiva Oa dans les Marquises. Elle effectue une partie de sa scolarité à Tahiti, avant de rejoindre l'hexagone pour y suivre des études de droit à Montpellier, où elle obtient son Master. Passer d'une petite île du Pacifique, de 300km² et d'environ 2000 habitants, à une métropole européenne de près de 500 000 habitants est un vrai choc culturel pour elle. Le vouvoiement en est un exemple : « en Polynésie c'est plutôt le tutoiement qui représente une forme de respect ».

Passionnée de sport et de compétions, attirée par la longue tradition militaire de la gendarmerie, par ses valeurs, elle passe le concours de sous-officier en 2019. En 2020, la voilà à Tulle. Son père est un modèle pour elle : à la fois maire et officier de police judiciaire, il était au service de sa population.

Son ambition et sa combativité ont poussé Marina à vouloir intégrer la gendarmerie mobile, encore interdite aux femmes en tant que sous-officier jusqu'en 2016. Au terme de cinq mois de formation intense, elle est la première ultramarine à finir major de sa promotion. Son sens de la camaraderie et son esprit d'équipe lui ont valu le soutien de ses collègues et amis tout au long de ce parcours exigeant.

Marina a ensuite choisi d'intégrer l'escadron 22/5 d'Annecy. Celui-ci n'avait pas compté de femmes parmi ses effectifs jusqu'en novembre 2020. Aujourd'hui, elles sont au nombre de trois. Représentant 20% des effectifs dans la gendarmerie, les femmes sont désormais présentes dans tous les corps et les statuts : « c'est un milieu qui a beaucoup évolué », constate Marina.

Inquiète de réussir son intégration dans un milieu majoritairement masculin, Marina n'a subi aucune discrimination. Bien au contraire, elle a reçu de nombreux encouragements, de la part de ses camarades, mais aussi de sa hiérarchie.

Sa recette pour réussir dans la gendarmerie mobile : l'envie de servir la nation, une volonté de fer, du courage, mais aussi accepter les contraintes liées aux déplacements réguliers.
Marina a mille projets en tête. Et d'abord celui de se laisser du temps pour découvrir toutes les facettes du métier.

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Outre-mer pluri'elles | Interview de Patricia P., adjudant-chef

Née en 1976 à Touho, Patricia P. est adjudant-chef. Découvrez son portrait au travers de cette interview réalisée par le Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie.

Lorsqu'on parle d'égalité homme-femme, qu'est-ce que cela représente pour vous ?

« Malgré tous les beaux discours sur l'égalité, celle-ci est loin d'être atteinte... Pour moi, cela signifierait qu'il n'y a pas de distinction entre les genres, tout le monde devrait être au même niveau d'égalité dans tous les domaines : professionnel, économique, l'éducation, la politique, la santé etc. »

Pourquoi avoir choisi ce parcours professionnel ?

« Je voulais découvrir de nouveaux horizons. Mon oncle était militaire au 3ème RIMA de Vannes. Il m'envoyait des cartes, des photos, de tous ces déplacements... j'étais émerveillée ! Après l'obtention de mon Bac, j'ai effectué mes démarches administratives pour rentrer à l'armée. »

Quelles ambitions découlent de ce choix ?

« À travers les récits de mon oncle, j'avais envie de partir pour découvrir d'autres paysages, je voulais m'émanciper et surtout vaincre ma timidité. »

Plus personnellement, quels sont vos rêves ?

« Personnellement, à l'heure actuelle, mes rêves se sont tous réalisés. Il ne me reste qu'à trouver une maison pour ma petite famille et m'occuper de mes enfants. »

En tant que femme, avez-vous déjà subi des inégalités de traitement ?

« Oui... À mon retour de congé maternité, mon collègue a décidé que je ne serai pas apte à travailler correctement. Il ne me confiait pas de missions adaptées à mon grade. Je faisais alors le travail d'un caporal. J'ai demandé un rapport hiérarchique. Et les chefs m'ont soutenue. »

Un dernier mot pour les femmes souhaitant suivre le même parcours que le vôtre ?

« Quand on veut, on peut ! Foncez et réalisez vos rêves. »

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Outre-mer pluri'elles | Sophia Ferrere, au secours des femmes victimes de violences

Sophia Ferrere, mère de 3 enfants, a un parcours atypique. Passée par plusieurs corps de métier avant de devenir assistante administrative au sein d'une compagnie de transport public de voyageurs, elle se distingue surtout par son engagement en faveur de la lutte contre les violences intrafamiliales à La Réunion. Défendre cette cause depuis 2016, début d'une période durant laquelle les femmes réunionnaises ont payé un lourd tribut en termes de violences conjugales, c‘est le défi qu'elle s'est fixée. Elle participe alors à des marches blanches avec le Collectif contre les violences intrafamiliales (CEVIF), puis finit par y adhérer. Aujourd'hui elle siège au conseil d'administration du CEVIF depuis 3 ans. Elle crée par la suite l'association « Les Iris » à La Possession, dont elle assure la présidence : « comme d'autres associations de la Réunion portant les mêmes valeurs, [l'association] est celle de toutes les femmes ; nous nous investissons chaque jour pour elles, pour que leur futur soit porteur de jours meilleurs ».

Jour et nuit, Sophia accompagne les victimes pour un dépôt de plainte, un hébergement, ou pour assurer un suivi dans leur reconstruction physique et mentale. Elle participe avec son association à des journées d'action contre les violences faites aux femmes, en collaboration avec d'autres partenaires tels que le CEVIF, ou le CCAS de la ville de la Possession. Chaque année, l'association participe au Tournoi Féminin de Football qui a comme thème central "les violences faites aux femmes", actions portées par le Challenge BPDJ (Brigade Préventive de la Délinquance Juvénile - Gendarmerie de La Redoute), la ligue de football de La Réunion et l'Académie Football de la Possession. Bien que son combat soit difficile, Sophia a la volonté de toujours trouver une solution à un problème : « qu'importe le temps qu'il faudra, on y arrivera. Ma victoire, c'est de voir que chaque femme accompagnée ait pu se reconstruire ».

Selon Sophia, La Réunion connait des rapports de force très marqués entre les hommes et les femmes, même si les jeunes générations évoluent positivement sur ce sujet. "Longtemps, la femme était comme un pilier de la maison, elle s'occupait de tout et était assignée à rester à domicile, à s'occuper des enfants... L'homme avait quant à lui son activité extérieure. Depuis la départementalisation en 1946, la vie réunionnaise a été organisée autour de critères de modernité. Cette modernisation s'est caractérisée par l'émergence d'une nouvelle économie, principalement tertiaire, qui a modifié les modes de vie du quotidien ; ces évolutions ont permis de valoriser considérablement le statut des femmes, ce qui a contribué à fragiliser l'image masculine, et à écarter l'homme de sa fonction symbolique".

Sophia croit dans la force du 8 mars, « les femmes prennent ainsi conscience qu'elles peuvent entreprendre, qu'elles sont capables de s'imposer dans un monde qui reste masculin, mais qui leur ouvre tout le champ des possibles ». Elle considère que cette place faite aux femmes est un marqueur essentiel du développement démocratique d'une société. Mais elle met également en garde contre certaines limites, en citant Simone de BEAUVOIR : « N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Nous devons rester vigilantes notre vie durant ».

Son ambition pour l'avenir : persévérer dans ses missions afin de faire évoluer les mœurs, et associer davantage d'hommes dans les associations contre les violences conjugales. Le changement doit être porté par tous, y compris par les jeunes générations.

Son conseil aux femmes : "faire preuve de courage et de persévérance, car l'amélioration de la condition féminine est due à la volonté et au courage des femmes".

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Outre-mer pluri'elles | Charifati Soumaila, femme de lettres

Originaire de Sada à l'Ouest de Mayotte, Charifati Soumaila est professeure de lettres au collège de Chiconi. De l'université de Mayotte à celle de Rouen, c'est avec son CAPES en poche qu'elle décide de revenir sur l'île aux parfums pour y exercer son métier.

Depuis trois ans, Charifati co-anime des ateliers de théâtre au collège et y met en scène des pièces dont elle est l'auteure. La première pièce intitulée « Vérité foudroyante », traite des rapports entre les hommes et les femmes dans la société mahoraise à travers les mésaventures d'un père de famille volage qui, pour avoir multiplié les aventures et les maîtresses, finira seul et abandonné de tous.

Devant le succès rencontré, elle décide de faire publier la pièce en juillet 2020 aux éditions Anibwe, afin de la rendre accessible à un public plus large.

Au travers de cette pièce de théâtre, Charifati veut mettre en lumière les problèmes de la société mahoraise, notamment liées à la polygamie, ou aux violences subies par les femmes et les enfants. « Dans la société mahoraise, les femmes sont mises de côté, reléguées à l'arrière-plan, tandis que les hommes doivent se mettre en avant. Les femmes mahoraises devaient auparavant se taire, s'enfermer dans le silence et tout intérioriser car elles devaient être fortes », explique Charifati. Elle a donc voulu donner la parole à ces femmes à travers sa pièce de théâtre et les inciter à briser le silence pour sortir des situations douloureuses qu'elles subissent.  Le choix du théâtre n'est d'ailleurs pas anodin, puisqu'il lui a permis d'aborder un sujet intime, en donnant la parole aux victimes, mais aussi en dédramatisant le sujet à travers le rire. Ainsi chacun peut en tirer une leçon.

Charifati souligne également l'importance des études, qui donnent accès à l'autonomie. Car faute d'études, pas de travail, pas de parole libre, car ce sont les hommes qui subviennent à tout.  
Charifati est une des rares femmes de lettres de Mayotte (6 femmes sur 40 écrivains au total). Elle a l'ambition de convaincre d'autres écrivaines de prendre la plume.

Celle qui souhaitait donner accès aux élèves mahorais à « une littérature qui leur parle » se félicite d'avoir touché une cible beaucoup plus large : « mon objectif était de réconcilier les jeunes avec la lecture ; c'est un bonheur absolu de voir que cela a permis également aux adultes de s'y mettre ».

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Outre-mer pluri'elles : Adeline Rapon, créatrice de contenus qui met son art au service de la transmission

Adeline Rapon a 31 ans. Elle est née et a grandi à Paris. Après son baccalauréat littéraire option arts plastiques, elle se lance dans les milieux créatifs de la joaillerie et de la photographie, puis en 2008 dans l'activité de blogueuse.

Aujourd'hui, Adeline se définit comme une créatrice de contenus « lifestyle» et éducatifs. Présente sur Instagram, elle y dévoile une série d'autoportraits explorant les identités de femmes antillaises, intitulée « Fanm fô » (femmes fortes). C'est lors du premier confinement que lui vient cette idée, où elle se met en scène elle-même. Avec quelques objets, elle créé les décors de ses photographies et tente de donner à voir à travers on objectif les expressions, les émotions des personnages. Elle aime notamment proposer ses contenus dans une logique pédagogique en accompagnant ses photographies d'une musique ou d'un podcast à découvrir, ou encore d'une recommandation de lecture.

Riche d'une double culture (son père est Martiniquais et sa mère, Corrézienne), Adeline porte un intérêt aux enjeux de la transmission : « Comme beaucoup d'antillais en hexagone, certains signes culturels sont atténués notamment la langue créole, que je n'ai pas apprise. Dans une démarche de réappropriation culturelle, j'ai toujours cherché à bénéficier de cette transmission de la part de mon père, afin de ne plus être dans cette atténuation, cette volonté de se fondre dans la masse ». Elle croit à « l 'intersectionnalité des luttes », c'est ainsi qu'elle aborde plusieurs sujets dans son travail (culture, femmes, écologie...) en faisant le pari qu'à prendre soin de la nature on accordera aussi plus d'attention aux femmes.

Son projet : organiser une exposition pour y présenter son travail de photographe.

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Contact

 

Service presse
Mél : mompresse@outre-mer.gouv.fr

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