Publié le 11 novembre 2020

11 Novembre 2020

Le ministère des Outre-mer célèbre la victoire de la France et la paix retrouvée à l'issue du 1er conflit mondial et salue une mobilisation nationale tant dans l’Hexagone qu’en Outre-mer. Il rend hommage à tous les "morts pour la France" des conflits anciens ou actuels.

[ 14-18 : Poilus d’Outre-mer ]

Le 4 août 1914, la France entre dans une guerre qui durera jusqu’en 1918. Dans cette guerre totale qui mobilisera tous les Français, de toutes les origines, de toutes les classes sociales et de toutes les régions, les Français d’Outre-mer ne manqueront pas à l’appel leur courage sur, sur mer et dans les airs contribuera à la victoire des alliés que nous commémorons aujourd’hui, 102 ans après l’Armistice du 11 novembre 1918.  

Chaque territoire d’Outre-mer contribuera à cet effort national en envoyant ses enfants combattre sur la ligne de front, des côtes de la mer du Nord jusqu’à la Suisse :

  • La Réunion envoie 10 000 hommes combattre dans l’hexagone, 750 d’entre eux ne reviendront pas. Le plus célèbre : Roland Garros, pilote émérite, meurt dans un combat aérien le 5 octobre 1918 la veille de son 30e anniversaire.
  • Plus de 6 000 Guadeloupéens participeront au conflit, 1 000 tomberont au champ d’honneur.
  •  7  000 Martiniquais viendront en bateau, 1 800 d’entre eux mourront dans les tranchées.
  •  Des 2 500 Guyanais partis défendre le drapeau, 300 y laisseront leur vie.
  • 500 hommes de l’archipel Saint-Pierre-et-Miquelon se porteront volontaires, 64 d’entre eux mourront au combat et sont toujours enterrés dans l’Hexagone.
  • 500 Polynésiens et autant de Calédoniens ont traversé les Océans pour prendre les armes pour leur patrie.

Des centaines de ces soldats seront cités pour leur bravoure. Beaucoup d’entre eux étaient des volontaires, engagés sous le drapeau pour servir leur pays sur des champs de batailles à plusieurs milliers de kilomètres de leur foyer. Des 1 390 000 soldats tués au combat lors de cette guerre, 4 000 étaient Ultramarins. Pour ne pas oublier tous ces hommes morts pour la France et ceux qui qui ont survécu dans l’enfer des tranchées, le Ministère des Outre-mer publie aujourd’hui l’histoire de 4 d’entre eux. 
 

Pierre RÉJON :

Pierre RÉJON est né en 1895 à La Trinité, en Martinique. Après avoir été admis ingénieur à l’École des Arts et Métiers, il s’engage le 22 août 1914 dans le 33e régiment d’infanterie. A 22 ans, il devient pilote de chasse et intègre l’escadrille des Coqs.
Durant la 1ère guerre mondiale, il touche 11 avions allemands et en abat quatre en combat aérien. A l’ordre de l’armée, une citation le décrit comme « un pilote d’un courage à toute épreuve. Le 10 août, au cours d’une mission à basse altitude, à 12 km dans les lignes ennemies, a engagé un combat très dur contre des adversaires supérieurs en nombre et abattu un avion allemand ».

Après la guerre, le sergent Pierre RÉJON a été décoré de la médaille militaire et de la croix de guerre. Démobilisé, il meurt en Guyane à l’âge de 25 ans dans un accident d’avion.

 

Lieutenant Guibert JEAN-MARIE :

Guibert Jean-Marie est né en 1895 à La Trinité, en Martinique. En avril 1913, à 18 ans, il part à Paris pour s’engager dans l’armée. En février 2017, il est affecté à l’escadrille C224, obtient le grade de sous-lieutenant et est nommé observateur. Cette fonction qui s’opère avec une double mitrailleuse  est réalisée à l’arrière d’un biplace pour défendre et prévenir d'éventuels dangers.
Le 28 juin 1918, Jean-Marie accompagné du lieutenant Pellerin abat un avion ennemi. Néanmoins, le 2 septembre 2018, attaqué par 10 avions allemands près de Soissons, le Bréguet 14 A2 du capitaine Marie-Henri Lamasse et de Guibert Jean-Marie est abattu.
Leur mort a été vengée par leurs camarades qui ont réussi à retrouver l’escadrille ennemie et à les décimer. En octobre 1918, Guibert Jean-Marie, reçu à titre posthume la croix de guerre et sera fait chevalier de la Légion d’honneur. 

 

Le commandant Camille MORTENOL

Camille Mortenol est né à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe en 1859. Elève brillant, il est remarqué par Victor Schœlcher qui l’aide à décrocher une bourse afin de poursuivre ses études au lycée Montaigne, à Paris.

En 1880, Camille Mortenol est facilement reçu à l’École polytechnique avant de choisir la carrière d’officier de Marine en 1882.

En 1915, Galliéni fait appel à Mortenol et lui confie la défense antiaérienne de Paris. Dans ces fonctions, il installe des projecteurs de forte puissance, et joue un rôle essentiel pour contenir les raids de bombardement aérien allemands qui avaient commencé sur la capitale dès l’été 1914 et qui auraient pu se développer dangereusement avec les progrès de l’aéronautique.

Il repose au cimetière de Vaugirard, division 5, au n°320 de la rue Lecourbe à Paris.

 

Moïse BEBEL (2nde guerre)

Moïse BÉBEL est né à Trois-Rivières en Guadeloupe, le 29 mai 1898. Il opta pour la carrière des armes et devint officier d’active.

Devenu capitaine, il est fait prisonnier le 9 juin 1940 après avoir vaillamment défendu le village d’Erquinvilliers dans l’Oise contre la 9e division d’infanterie allemande, il fut abattu à la mitrailleuse par les nazis, avec une cinquantaine de ses hommes à cause de la couleur de sa peau.

La dépouille du capitaine BÉBEL ainsi que celle de plusieurs de ses camarades a été accueillie à Pointe-à-Pitre le 22 janvier 1950 par 6 000 Guadeloupéens.

 

 

  • Pierre Réjon, pilote de chasse
  • Guibert Jean-Marie, artilleur
  • Camille Mortenol, officier
  • Moïse Bébel, officier
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