Publié le 28 février 2018

Situation à Mayotte : Intervention (Radio) d'Annick Girardin

J’ai souhaité m’adresser à vous, mahoraises et mahorais, qui depuis plusieurs semaines exprimez un besoin accru de sécurité.

Je sais que le sentiment de ne pas être entendu est totalement insupportable pour les habitants, et d’autant plus, d’ailleurs, pour ceux qui vivent dans un territoire éloigné.
Il y a deux ans, un plan sécurité pour Mayotte a été mis en place. Des renforts ont été affectés.
Les résultats sont là : les statistiques de la délinquance reculent.
Mais la sécurité, ce n'est pas qu'une affaire de statistiques. C'est aussi et surtout ce que les gens vivent au quotidien.
On ne peut pas tolérer les violences commises dans et aux abords des établissements scolaires, les caillassages des bus, ou encore les agressions qui laissent un jeune tétraplégique et mettent en danger chaque jour des citoyens et des fonctionnaires.
Pas plus que je ne tolèrerai les agressions dont sont victimes les forces de l'ordre ces derniers jours. Elles sont le fait d'une minorité, je le sais, dans laquelle ne se reconnaît pas la majorité des mahorais.
 
Le Gouvernement ne laissera pas un territoire de la République s'enfoncer dans la violence et ses citoyens penser qu’on ne s’occupe pas d’eux.
La situation actuelle commande des mesures déterminées.
L’État a décidé de renforcer les effectifs de maintien de l'ordre Mayotte avec l'arrivée dès cette semaine de deux pelotons de gendarmerie mobiles.
Je confirme aussi la décision du ministre de l’intérieur de créer à Mayotte une zone de sécurité prioritaire. A la demande du gouvernement, le préfet va réunir  les maires concernés pour accélérer sa mise en place.
 
Par ailleurs, le déploiement à Mayotte de la Police de Sécurité du Quotidien lancée se traduira par l’arrivée progressive de 20 gendarmes de plus.
Et dès cet été, une brigade de prévention de la délinquance juvénile sera effective. Et je sais que vous l’attendez sur le territoire.
La sécurité en milieu scolaire est une priorité absolue pour la gouvernement. On a donc souhaité que toutes les dispositions soient prises pour que la reprise des cours se passe bien. Et j’ai demandé au préfet, en lien bien sûr avec le ministre de l’intérieur et celui de l’éducation nationale, de travailler à un plan de sécurisation des établissements et des transports scolaires. Ce plan, il sera opérationnel dans les 10 jours.
Je sais aussi l’importance d’une meilleure maîtrise de l’immigration
Dès le premier trimestre de cette année, les renforts permettront l’arrivée de 10 policiers supplémentaires de la police aux frontières.
Le gouvernement veillera également à ce que les nouveaux  bateaux dédiés à la lutte contre l’immigration illégale soient livrés dès septembre prochain.
 
Pour autant, je le dis avec force, les causes des difficultés que traverse Mayotte aujourd’hui sont nombreuses. La seule réponse sécuritaire ne suffit pas à les régler toutes.
J’écoute, j’échange avec les élus du territoire et les acteurs de Mayotte. Je le fais chaque semaine. Les portes de mon ministère leur sont totalement ouvertes et je suis chaque jour votre actualité, même si le contexte des élections à venir, en mars, m’obligent à une certaine réserve.
Je sais qu’au cours des dernières années, votre cadre de vie s’est beaucoup transformé. Que la départementalisation déçoit. Elle n'est pas comprise. Je sais que vous ne supportez mal la situation de votre territoire.
 
Mais ce dont je suis persuadée, c’est qu’il faut changer la méthode.
C'est pourquoi j’ai décidé de proposer à vos élus, de poser les bases d’un nouveau projet de développement pour les mahorais et les mahoraises autour de priorités clairement établies :
La sécurité et la lutte contre l'immigration clandestine, bien entendu.
Mais aussi la santé, le logement, l’éducation et les transports, qui font votre vie de tous les jours.
 
Et enfin la coopération régionale mieux affirmée, mieux comprise, mieux encadrée. C’est, selon moi, la première condition d’un développement durable du territoire de Mayotte.
Les assises des outre-mer seront finies en mai prochain : C’est une occasion et un calendrier dont il faut se saisir pour dessiner une nouvelle vision pour Mayotte.
C’est cette nouvelle vision dont il sera question avec vos élus, à Paris, dès les prochaines semaines.
C’est de cette nouvelle vision qu’il sera question quand je me rendrai à Mayotte, à vos cotés,  une fois passées les prochaines élections législatives de mars prochain.
C’est enfin cette nouvelle vision qui réunira l’ensemble du Gouvernement pour en arrêter les grandes orientations.
 
Je vous remercie.
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