Publié le 29 novembre 2016

Polynésie française - Economie

Entre 1962 et 1996, l’économie de la Polynésie française s’est développée autour de l’activité du Centre d’expérimentation du Pacifique. Durant cette période, le PIB a évolué positivement de 11 % par an en moyenne en lien avec les transferts financiers importants de l’Etat relatifs aux dépenses militaires

L’arrêt des essais nucléaires, en 1996, a conduit la Polynésie française, en partenariat avec l’Etat, à prendre des mesures visant à réorienter l’économie, notamment grâce au développement des infrastructures et l’augmentation des exportations. Les ambitions poursuivies ont peiné à se réaliser et la crise économique et financière de 2008 a amplifié les difficultés.
 
Si l’économie du territoire demeure fragile, les signes positifs perceptibles depuis 2014 (chiffres d’affaires en augmentation, importations de biens d’équipement pour les entreprises à la hausse, accroissement de la fréquentation touristique et des recettes de TVA, progression du PIB de 1,8% en valeur pour atteindre 4,5 Mds €) laissent espérer une reprise prochaine.
 
Par ailleurs, les acteurs locaux fondent de grands espoirs concernant le potentiel de développement de l’économie bleue. D’ores et déjà, il peut être relevé le savoir-faire polynésien dans le domaine du SWAC (sea-water air conditioning),climatisation par eau de mer. A plus long terme, l’exploitation des ressources marines minérales profondes apparaît comme une perspective de développement.
 

Les secteurs d’activité

L’économie polynésienne est marquée par l’importance du secteur tertiaire, qui concentre 85% de la valeur ajoutée en 2012. Le primaire représente 3% de l’économie et le BTP 4%.
 
Compte tenu de l’étroitesse des marchés, l’économie est structurée autour de grands groupes publics ou privés, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la grande distribution.

Tourisme

Le tourisme occupe une place prépondérante dans l’économie polynésienne : première source d’exportation de biens et services du territoire, l’industrie touristique polynésienne rassemble 2 820 entreprises (11% du total en 2015), qui génèrent 15% des chiffres d’affaires
cumulés en Polynésie française (en 2014, les touristes ont dépensé en Polynésie française 385,5 M€) et emploient 17% des effectifs salariés (10 250 personnes).
 
Ce secteur se structure essentiellement autour de deux types de marché : le tourisme terrestre et celui de la croisière. Les Etats-Unis restent le premier marché émetteur de touristes, devant les marchés européens et la zone Asie-Pacifique.
 
En 2015, 183 800 touristes ont été accueillis sur le territoire, soit une légère croissance du secteur de 1,8% par rapport à 2014 (+9,9% entre 2013 et 2014). Ce résultat s’inscrit dans l’évolution souhaitée pour le secteur tendant à revenir à des niveaux de fréquentation observés avant la crise de 2008 (plus de 200 000 touristes/an).
Le tourisme fait l’objet d’une politique spécifique développée autour de trois axes majeurs : la promotion, la formation et l’aide aux investissements. Dans le cadre du contrat de projets conclu entre la Polynésie française et l’Etat pour la période 2015-2020, une enveloppe de 75 M€ est dédiée au financement d’infrastructures d’accueil pour les activités nautiques et à la valorisation de sites naturels et culturels.

Perliculture

La pinctada margaritifera, huître perlière historiquement utilisée pour sa nacre, est exploitée depuis les années soixante pour la perliculture. Après des essais de greffe concluants menés par le Service de la pêche, des investisseurs locaux ont fait appel à des greffeurs japonais en vue d’amorcer la culture de la perle de Tahiti. Cette activité n’a cependant pris son essor qu’à compter des années quatre-vingt.
 
Deuxième ressource propre de la Polynésie française (54 % de ses recettes d’exportation de biens en 2015) le secteur de la perliculture fait aujourd’hui face à de nouvelles difficultés, dans un contexte international peu porteur.
 
Le volume de perles brutes exporté baisse (-13%) pour s’établir à 12,5 tonnes en 2015, son plus bas niveau depuis 2008. Les recettes d’exportation sont en repli de 14,6%, à 62 M€. Le Japon et Hong Kong sont les principaux acheteurs de la perle polynésienne.
 

Pêche

Avec une zone économique exclusive (ZEE) de plus de 5 millions de km², soit 47 % des ZEE françaises, la pêche polynésienne dispose d’atouts indéniables.
 
Longtemps confinée à une activité artisanale, côtière et lagonaire dont la production alimente le marché intérieur, le secteur a fait l’objet d’une politique de développement vers une pêche industrielle hauturière vouée à l’exportation à partir des années 1990.
La raréfaction de la ressource halieutique dans les années 2000, avec le retour du phénomène climatique El Niño, a mis en difficultés les armements locaux. Néanmoins, depuis 2005, les rendements se rétablissent progressivement.
 
En 2015, les tonnages pêchés sont en hausse (+2 %) et les exportations poursuivent leur progression (+19 % en volume et +28 % en valeur, à 13,4 M€). 
 
 
L’agriculture, considérée comme un pilier du développement des archipels, représente seulement 2,2 % du PIB et moins de 1% des effectifs salariés du secteur marchand.
 
La production locale commercialisée s’élève à 59,5 M€ en 2014, en hausse de 13 % par rapport à 2013. Cependant, selon le Service du développement rural, une part conséquente de la production est écoulée hors du circuit formel et échappe aux statistiques minorant ainsi le poids du secteur au sein de l’économie polynésienne.
 
L’agriculture reste majoritairement artisanale, avec de petites exploitations familiales et ne répond que partiellement aux besoins du marché intérieur.
  • Les productions d’origine végétale vec un chiffre d’affaires de 41 M€ en 2014 (+12 % sur un an).
  • La culture du coprah est une source de revenu importante pour les populations des archipels éloignés (Tuamotu). Son traitement par l’Huilerie de Tahiti permet de produire une huile à destination notamment des fabricants de monoi, huile parfumée au tiare Tahiti (gardenia taitensis) qui jouit depuis de nombreuses années d’une renommée internationale.
  • La production locale de fruits et légumes ne permet pas de couvrir les besoins de consommation de la Polynésie française. En 2013, leur couverture a atteint 70% pour les fruits et 42% pour les légumes.
  • La production vivrière est surtout localisée dans l’archipel de la Société. Elle se compose principalement de taro, de fei (banane à cuire) et de patate douce.
  • Deux autres productions sont à signaler : le noni, surtout récolté aux Iles Sous-le-vent, dont la filière est encore peu structurée et les débouchés mal maîtrisés ainsi que la vanille, principalement présente aux Iles-sous-le-vent.
  • Les productions d’origine animale (œufs, volailles et porcs charcutiers) représente près du tiers du revenu de l’agriculture, soit 18,4 M€ de chiffre d’affaires en 2014. Le recours aux importations est nécessaire pour la satisfaction des besoins des consommateurs locaux.

Industrie

La Polynésie française connaît des contraintes structurelles fortes : un marché intérieur restreint qui limite les économies d’échelle pour les activités tournées vers le marché local, un coût de la main d’œuvre relativement élevé qui pénalise la compétitivité des produits polynésiens ainsi qu’une forte dépendance en matières premières et en produits énergétiques.
Elle a pourtant réussi à faire naître une industrie fondée sur l’agroalimentaire, la construction navale et la fabrication de biens intermédiaires destinés au bâtiment ainsi que diverses activités de transformation (fabrication de meubles, industrie textile, imprimerie par exemple).
Le tissu industriel polynésien est composé essentiellement de petites unités (85% des 2 457 entreprises recensées dans le répertoire ad hoc en 2015 employaient deux salariés au maximum).
 
Selon les derniers comptes économiques publiés par l’ISPF, le secteur industriel contribuait à hauteur de 8% à la formation du PIB en 2012. Il concentrait également 8% de l’effectif salarié du secteur marchand à fin novembre 2015. En 2015, il représente 13% du chiffre d’affaires total des entreprises assujetties à la TVA.

Artisanat

A la fois facteur de cohésion sociale et moyen d’expression culturelle, le secteur est dominé par l’artisanat traditionnel et participe au maintien des populations dans les archipels en leur procurant des emplois.
 
Dans l’objectif de mieux organiser le secteur, le Service de l’Artisanat a engagé, sous l’égide de son ministère de tutelle, un travail de réflexion afin de définir les principaux axes de développement et les actions à conduire dans l’artisanat traditionnel, aboutissant en 2009 à l’instauration d’une carte professionnelle de l’artisan. Le service de l’artisanat a également créé quatre labels, classés par ligne de produits (bijouterie d’art et tifaifai) et par archipel (Australes et Marquises), afin de garantir l’authenticité des objets.
 
La Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers a enregistré
une baisse de 0,9% du nombre d’entreprises artisanales en 2015 (8 600 contre 8 676 en
2014).

Transports

Le port de Papeete est le lien maritime de la Polynésie française avec le monde extérieur. Sa gestion dépend d’un établissement public, le Port autonome de Papeete. A la faveur des schémas directeurs successifs, les infrastructures portuaires ont été adaptées au développement économique du Pays. Une nouvelle gare maritime ainsi qu’une marina ont été mises en service respectivement en 2012 et en 2015 à Papeete. Le programme pour 2009-2019 est centré sur le renforcement de la sécurité et le décongestionnement de la zone portuaire actuelle.
 
Par la voie aérienne, la Polynésie française est reliée à tous les continents : l’Asie (Japon), l’Océanie (Nouvelle-Calédonie, Nouvelle Zélande, îles Cook), l’Amérique du Nord (Etats-Unis) et du Sud (Chili) ainsi que l’Europe. Elle possède un unique aéroport international, à Tahiti (Faa’a), de compétence étatique. Son exploitation a été transférée en 2010 à une société d’économie mixte, Aéroport de Tahiti (ADT), dont le capital est réparti entre la Polynésie française, l’AFD et la société EGIS, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).

Commerce

La consommation des ménages représente plus des deux tiers du PIB, illustrant l’importance du commerce dans l’économie locale. Selon les derniers comptes économiques publiés par l’ISPF, ce secteur concentrait 21% du nombre d’entreprises et 15% de l’effectif total du secteur marchand.
 
L’activité commerciale stagne en 2015, confrontée à une demande peu dynamique et à un probable changement du comportement de consommation des ménages. Le chiffre d’affaires du secteur dégagé en 2015 s’élève à 3 Mds €. Il se tasse dans le commerce de gros (-0,4%) et de détail (-0,2%).
 
Les importations de biens alimentaires, de biens de consommation courante et de biens d’équipement ménagers progressent, sans pour autant retrouver leur niveau d’avant-crise.
 
Reflets d’un changement dans les comportements de dépense, la production de crédits à la consommation s’inscrit de nouveau en net retrait (-9,1%) et le marché automobile reste déprimé (-8,1%).

NTIC

La Polynésie française est entrée dans l’ère des nouvelles technologies grâce à l’extension de l’utilisation de l’informatique : télécommunications, télématique et réseau Internet ont connu un essor rapide.
 
Depuis la mise en service en 2010 du câble sous-marin Honotua reliant Tahiti et Hawaii, la Polynésie française dispose d’une liaison internationale par fibre optique permettant d’assurer la transmission d’une grande quantité d’informations sur de très longues distances et à haut débit.
 
Le développement de l’économie numérique est l’une des priorités du gouvernement polynésien et de futurs investissements sont envisagés pour réduire la fracture numérique dont souffrent aujourd’hui encore les archipels. Début 2016, la Polynésie française et la Nouvelle-Zélande ont signé un accord de coopération relatif à un projet international de connectivité du Pacifique.
 
En savoir plus :
28, boulevard Saint-Germain, 75 006 Paris, polynesie-paris.com
 
 
  • élevage d'huitres perlières
  • Aranui, cargo mixte des liaisons Polynésie - Marquise
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