Publié le 28 novembre 2016

Nouvelle-Calédonie - Economie

La Nouvelle-Calédonie a enregistré une croissance économique marquée par un rythme soutenu : en moyenne presque 4% par an pendant une vingtaine d’années. Puis la croissance a diminué de moitié depuis le début de la décennie.

Une croissance soutenue

Estimé à plus de 3 millions par habitant en 2013, le PIB par habitant est très loin devant celui des autres petites économies insulaires du Pacifique Sud. La Nouvelle-Calédonie se situe en « richesse créée par habitant » après l’Australie et la Nouvelle-Zélande et au niveau moyen observé dans les pays européens.

Une économie tirée vers le haut par le nickel

La Nouvelle-Calédonie étant un acteur important sur le marché mondial du nickel, celui-ci occupe une place emblématique. S’il constitue bien la principale ressource d’exportation, le poids relatif du secteur nickel a eu globalement tendance à décliner à partir du début des années 1970. À la fin du “boom du nickel” (en 1971), le secteur contribuait pour environ 30 % au PIB calédonien. Cette part n’a cessé de décliner avec un “point bas” en 1998, date à partir de laquelle la remontée des cours s’est traduite par une augmentation du poids relatif du nickel (4,5 % en 2009 suite à la chute des cours mondiaux après une année 2007 exceptionnelle).
 
L’activité minière est indissociable de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie. Si, dans les années qui suivent la prise de possession par la France, les découvertes se succèdent (charbon, or, cuivre, cobalt, chrome, antimoine…), la plus importante est celle du minerai de nickel par Jules Garnier en 1864. Le nickel est le seul minerai dont l’exploitation a été continue.
La Nouvelle-Calédonie recèle 25 % des réserves mondiales de nickel connues et assure environ 9 % de la production mondiale, le nickel constitue un potentiel majeur pour le développement de la Nouvelle-Calédonie. En contrepartie, l’économie est extrêmement dépendante de son exploitation qui est, elle-même, fortement tributaire des fluctuations du marché mondial. Ainsi, la production du nickel en Nouvelle-Calédonie a connu plusieurs crises graves et quatre « booms » importants, avec un marché au plus haut en 2007 et retombé depuis.
 
Le minerai présent dans les massifs de péridotites occupe le tiers de la superficie totale du territoire. L’extraction est assurée par quelques sociétés d’inégale importance. Les emplois générés par l’activité nickélifère sont nombreux, tant au niveau de la mine proprement dite que des usines métallurgiques. Sur mine, les emplois (plus de 2 600 salariés en 2015) sont répartis entre les mineurs de la SLN et les autres mineurs, auxquels s’ajoutent des rouleurs et autres contracteurs.

Un secteur public très développé

Peu soumis aux variations conjoncturelles, le secteur public est un élément stabilisateur de l’économie de la Nouvelle-Calédonie : on ne connaît en effet pas de baisse de la masse salariale versée par le secteur public. En 2007, les dépenses du secteur public s’élèvaient à plus de 358 milliards de francs, dont 41 % de charges. La contribution du secteur public à l’économie est de 18% (16% en Métropole).
 
En termes d’emploi salarié (à temps plein ou à temps partiel), avec 25 241 personnes (fonctionnaires et non titulaires), le secteur public représente 28 % des salariés de Nouvelle-Calédonie.

Le tertiaire prédomine

Face à la faiblesse du tissu industriel, une grande partie des besoins de la Nouvelle-Calédonie ne peut être assurée que par un recours conséquent aux importations finales (voitures, électroménager...) ou intermédiaires (matières premières destinées à la transformation locale), ce qui explique la part prépondérante que tient le secteur du commerce dans l’économie calédonienne. Ce secteur a également un rôle essentiel pour l’aménagement de l’archipel compte tenu de la dispersion de la population dans l’intérieur de la Grande Terre et dans les îles.
 
Le commerce compte plus de 10 000 salariés en 2013 et près de 4 000 entreprises commerciales.

Petites industrie et construction

Les PMI néo-calédoniennes demeurent encore absentes de certains secteurs et notamment de la plupart des industries de biens d’équipement en raison de l’étroitesse du marché local.
 
Afin de limiter l’entrée des produits concurrents, il existe en Nouvelle-Calédonie des protections réglementaires. La production industrielle locale bénéficie de protections tarifaires (droits et taxes à l’importation) et de contingentement à l’importation.
 
Le secteur de la construction, avec 11,5 % du PIB en 2009 et plus de 8 300 salariés en 2013, a un poids important dans l’économie calédonienne. Il s’est développé à partir du milieu des années 60, avec le boom du nickel qui a entraîné une demande accrue en logements. Vers le début des années 90, l’activité de la construction a bénéficié de la progression des investissements liée aux Accords de Matignon. La mise en place des provinces et la large décentralisation des pouvoirs et des compétences qui en a découlé, ont fait de ces trois collectivités les moteurs des réformes de rééquilibrage du territoire.
 
De nombreux chantiers publics se sont ainsi développés (équipements provinciaux, réseaux routiers, écoles, infrastructures médicales...), accompagnés d’initiatives privées (constructions d’habitations individuelles ou collectives), principalement concentrées dans le Grand Nouméa puis dans la zone VKP (Voh-Koné-Pouembout).
Par ailleurs, les contrats de développement entre l’État, les provinces et les communes, se sont attachés au développement de l’habitat social.
  • Exploitation du nickel
  • Coulée de nickel à l'usine de Doniambo
    photo Eric Aubry
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