Publié le 29 novembre 2016

La Réunion - Histoire

Ce sont les Portugais qui, au début du XVIe siècle, furent les premiers Européens à découvrir l’île. Les Arabes l’auraient déjà fait bien avant. L’île est nommée Mascarenhas, du nom du navigateur portugais Pedro de Mascarenhas. Cela explique pourquoi l’île fait aujourd’hui partie, avec Maurice et Rodrigues, de ce qu’on appelle l’archipel des Mascareignes.

Après un bref passage des Anglais, qui baptisèrent l’île England’s forest, c’est en 1638 que le Saint-Alexis, bâtiment français de la Compagnie des Indes Orientales, accoste sur l’île et que son capitaine en prend possession au nom de Louis XIII, Roi de France. Les premiers occupants, douze mutins exilés de Fort-Dauphin à Madagascar, arrivent sur l’île en 1646 mais c’est en 1663 que les Français s’y installent définitivement et que l’île devient une colonie à part entière, appelée Bourbon. Gérée pendant plus d’un siècle par la Compagnie, l’île est tournée vers la production de café et de nombreux esclaves y sont débarqués d’Afrique et de Madagascar. Ces derniers composent la majorité de la population de l’île. Par exemple, dans les années 1760, sur les 22 000 habitants, 18 000 d’entre eux sont esclaves. Ils y développent une culturelle nouvelle, basée sur des chants et des danses, notamment le séga et le maloya. Plusieurs d’entre eux tentent de fuir les plantations et s’échappent dans les hauteurs. Alors appelés « les marrons », ils sont férocement réprimés, notamment par le Gouverneur Général Mahé de la Bourdonnais.

C’est sous la Révolution que l’île prend le nom de Réunion, avant de devenir l’île Bonaparte sous l’Empire. Elle ne garde ce nom que très peu de temps puisque les Anglais l’occupent à partir de 1810, avant de la rétrocéder à la France en 1814.

Le 20 décembre 1848, alors que la France retrouve la République, l’esclavage est officiellement aboli à la Réunion par le Commissaire Sarda Garriga. Pour palier à l’abolition de l’esclavage, un nouveau système voit le jour, appelé « engagisme ». Plus de 100 000 travailleurs sont amenés sur l’île, essentiellement d’Inde, de Chine et de Madagascar.

A partir de 1865, l’effondrement du cours du sucre va mettre à mal cette situation florissante. Malgré la construction d’une ligne de chemin de fer en 1882 et le creusement d’un port à la Pointe des Galets en 1886, la Réunion connaîtra une longue période de marasme et traversera deux dures épreuves. La Première guerre mondiale, qui fera près de 3 000 morts, sera suivie d’une effroyable épidémie de grippe espagnole causant entre 5 et 10 000 morts avant que ne s’amorce, dans les années 20, un redressement sensible, vite interrompu par le déclenchement de la Seconde guerre mondiale. La Réunion subira un dur blocus durant celle-ci et son ralliement à la France libre en novembre 1942 ne mettra fin que partiellement à cette épreuve.

L’île acquiert le statut de département français au lendemain de la seconde guerre mondiale, en 1946. Commence alors une période de développement économique, démographique et social considérable pour l’île, notamment sous l’impulsion du député Michel Debré, ancien Premier Ministre du Général de Gaulle.

Jusqu’au début des années quatre-vingt, la question du statut de l’île suscite de nombreux débats entre « départementalistes » et autonomistes. En 1982, la loi de décentralisation crée le Conseil Régional aux côtés du Conseil Général. En 1984, La Réunion se dote d’une Académie autonome.  Puis la Réunion devient région européenne en 1992 et en 1997, le traité d’Amsterdam donne à l’île sa place dans l’ensemble des régions ultra-périphériques de l’Europe. Depuis le début du XXIe siècle, l’île a continué son développement. Sa croissance est plus élevée qu’en métropole et de nombreux projets d’aménagement du territoire ont vu le jour. L’un des plus importants étant la Route des Tamarins, ouverte à la circulation en 2009, qui relie Saint-Pierre à Saint-Paul, dégorgeant ainsi une partie des routes de l’île et la dotant d’infrastructures modernes.

Le Parti communiste réunionnais (PCR) a longtemps joué un rôle très important au sein de la vie politique réunionnaise, notamment lors de la seconde moitié du XXe siècle et plus particulièrement lors de son dernier tiers. Paul Vergès, une de ses figures emblématiques, était à la tête de la Région pendant 12 ans (1998-2010). Cependant, depuis quelques années, le PCR semble battre de l’aile. En effet, sur les 24 communes que compte la Réunion, une seule est détenue par le parti communiste.

La Réunion, est aujourd’hui une région moderne qui possède un niveau d’infrastructures étoffé et un tissu économique dynamique et varié. Il n’en demeure pas moins de nombreux écarts par rapport à la métropole, mesurés surtout dans les domaines sociaux et éducatifs.

 

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