Publié le 26 janvier 2018

A la mairie d’Arutua – archipel des Tuamotu > discours d'Annick Girardin, ministre des outre-mer

Jeudi 25 janvier 2018, Annick Girardin, Ministre des Outre-Mer s'est rendue à Arutua pour rencontrer la population, les élus et entrepreneurs pour échanger autour des problématiques liées aux risques naturels, à l’eau potable et au développement de la pêche et de la perliculture. La ministre a prononcé son discours en mairie d'Arutua, construite pour abriter la population en cas de cyclone ou de tsunami.

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Haut-commissaire de la République en Polynésie française,

Monsieur le Président de la Polynésie française,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Monsieur le maire d’Arutua,

Mesdames et messieurs,

Je tiens avant tout à vous remercier pour votre accueil : de notre arrivée à l’aéroport ce matin, au transfert maritime en passant par cette marche vers la mairie aux chants des Korero, ce fut un réel plaisir. On vante souvent l’hospitalité légendaire des citoyens polynésiens mais c’est toujours mieux de le constater par soi-même. Je le dis à chacun de mes déplacements : au-delà des fiches et des rapports, on ne comprend un territoire qu’en allant au contact de ses citoyens.

Et quel territoire : la commune d’Arutua, chef lieu du splendide archipel des Tuamotu. Atoll, lagon, corail… Ces mots font rêver les métropolitains. Mais ce sont avant tout des écosystèmes fragiles et profondément menacés par le changement climatique.

C’est notre défi commun : nous sommes tous responsables face au changement climatique. Etat, gouvernement polynésien, secteur public, entreprises privées, société civile, citoyennes et citoyens.

***

Tuamotu est l’archipel français le plus exposé aux risques de montée des eaux. Nous avons tous ici en souvenir les ravages des différents cyclones qui s’étaient abattus sur l’archipel en 1983.

Le paradis des Tuamotu s’était transformé en paysage de guerre. Je me sens d’autant plus concernée que j’étais à Saint-Martin en septembre 2017, quelques heures après le passage d’Irma et je peux témoigner de la détresse absolue des populations et du spectacle désolant causé par ce phénomène climatique.

Lors de mon passage comme secrétaire d’Etat au développement et en préparation de la COP 21, j’ai été chargée de mener les négociations avec les petits états insulaires. J’ai mis en place des projets de prévention et des systèmes d’alerte et d’échange avec des populations contraintes de déménager régulièrement leur village en raison de la montée des eaux, ici dans le Pacifique.

Je suis donc particulièrement sensibilisée à ces problématiques. L’intensité des épisodes cyclonique, amenés à se reproduire dans un avenir proche, est inscrite dans tous les scénarios. Le nier serait se voiler la face. Ici-même sur l’archipel, en février 2017, une dépression tropicale inondait totalement un village. L’adaptation au changement climatique, c’est LA priorité.

C’est pourquoi l’Etat et le gouvernement de Polynésie française collaborent sur l’enjeu de protection des populations et de mesures d’adaptation face aux risques climatiques.  

Nous visiterons tout à l’heure l’abri de survie et le projet de murs de protection d’Arutua.

La mise en sécurité des atolls habités est un engagement conjoint de l’Etat et du Pays. Il répond à l’urgence. A ce jour, 28 abris sur un besoin estimé à 55 ont été construits dans le cadre du contrat de projet Etat/Pays 2008-2014. Beaucoup reste à faire, notamment les 14 abris prioritaires restant à construire. Je salue la volonté du gouvernement actuel de réinvestir le sujet.

Concernant les outils de financement, permettez-moi de faire un point sur l’équivalent fonds vert.  Comme je l’ai annoncé lors du « one planet summit » du 12 décembre dernier à Paris, « l’équivalent fonds vert » sera maintenu pour la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française. Il sera également étendu à l’ensemble des outre-mer.

L’enveloppe qu’y consacre mon ministère passera de 13 à 21 M€ en 2018. Le volume de prêts consentis dans ce cadre doit pouvoir doubler en passant de 48 M€  à 110 M€.

Ce dispositif, j’entends qu’il ne se limite pas à financer l’atténuation, mais fasse une place croissante aux projets visant l’adaptation aux effets du changement climatique. Il pourra être mobilisé pour financer des projets identifiés dans le cadre des Assises des outre-mer.

Et puis, je ne sais pas si vous êtes au courant monsieur le maire, mais les Tuamotu sont en passe de faire école. En effet, les recommandations sur les surélévations, issues d’études conduites ici, sont prises en exemple dans tous les territoires. 

Au-delà de toutes ces mesures, je tiens à souligner le dynamisme du territoire. Car si les outre-mer sont aux avant-postes des risques climatiques, ils sont aussi les mieux placés pour être précurseurs d’innovation et pourvoyeurs de solutions. Je pense notamment à :

  • La mise en œuvre d’un plan climat énergie présenté par le Pays ;

  • La poursuite des travaux scientifiques et l’intégration dans le schéma directeur de la recherche et de l’innovation des thèmes du changement climatique et des énergies nouvelles ;

  • Le développement de l’utilisation du photovoltaïque ;

  • le développement des climatisations grâce aux eaux froides de l’océan;

Un atelier des Assises en Polynésie française est entièrement consacré à la question du climat avec pour ambition de faire du territoire une référence en matière de lutte contre le changement climatique et de préservation de la biodiversité.

Je sais aussi que plusieurs projets environnementaux polynésiens participent au Concours projet outre-mer.

***

L’adaptation au changement climatique, je le disais, est l’affaire de tous. Ce n’est pas qu’un beau discours pour se donner bonne conscience. Ce sont des projets concrets, inscrits dans les besoins quotidiens des populations. Ce sont des projets créateurs d’emploi, de richesse et respectueux de l’environnement. C’est aussi une vision à long terme pour nos archipels : celle d’un développement durable pour les générations futures.

Je vous remercie.

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