Publié le 2 novembre 2018

Intervention à l'occasion de la 11e édition de La Route du Rhum - Destination Guadeloupe

Seul le prononcé fait foi,

Monsieur le maire de Saint-Malo,

Monsieur le président de la Région Guadeloupe,

Monsieur le président de la Région Bretagne,

Chers exposants,

Mesdames et messieurs,

Je suis sincèrement heureuse d’être parmi vous :

Déjà parce que c’est la première fois que je me rends, en tant que ministre, au départ de cette mythique Route du Rhum. Celles et ceux qui me connaissent savent que je suis une amoureuse de l’océan, des bateaux, des femmes et des hommes qui naviguent ou qui vivent de la mer. Cette mer qui est au fondement de mon identité, moi qui suis née à Saint-Malo, qui suis fille de marin, qui a grandit dans un archipel, Saint-Pierre-et-Miquelon, qui ne vit que par et pour la mer.

Ensuite parce que cette Route du Rhum incarne parfaitement l’Archipel France cher au président de la République. Je ne peux que soutenir l’apposition à son nom depuis 2014 de l’expression « destination Guadeloupe ». Car oui, s’il y a 3542 milles marins (ou environ 6560 km) qui séparent Saint-Malo de Pointe-à-Pitre, cela reste la France. La France monde rayonne sur les océans et une course aussi mythique que la Route du Rhum nous le rappelle à chaque édition.

Enfin, parce que cette 11e édition de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, dont nous fêtons les 40 ans d’existence cette année, est celle de tous les records.

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Ce sont 124 voiliers, toutes classes confondues, inscrits au départ. La Route du Rhum n’usurpe pas son statut de légende : en solitaire, sans escale et sans assistance, soit le graal de tout navigateur. Je ne reviendrais pas ici sur les noms de celles et ceux qui ont marqué l’histoire de la course. Une course qui a vu depuis 40 ans, au grès des innovations technologiques, les temps de navigation réduits par 3 !

Cette année, en catégorie multicoques, nous accorderons une attention particulière à la classe Ultim’ et ses maxi-trimarans qui volent au dessus de l’eau grâce à leurs foils. Le record établi par Loïc PEYRON en 7 jours et 15h va-t-il tenir ? Nombreux sont ceux qui estiment que le cap des 6 jours est atteignable dès cette année.

Parmi les 124 concurrents, j’aurai un regard particulier pour les 8 skippers guadeloupéens qui prendront part à la course cette année. Là aussi c’est un record.   

Je souhaite évidemment bon vent à chacun d’eux : Willy BISSAINTE, Luc COQUELIN, Rodolphe SEPHO, Carl CHIPOTEL, Dominique RIVARD, Damien SEGUIN, David DUCOSSON, Thibaut VAUCHEL-CAMUS.

Vous vous inscrivez dans les pas de vos glorieux aînés, les navigateurs ultramarins qui ont montré la voie et crée des vocations : Claude BISTOQUET, Victor JEAN-NOEL, Claude THELIER, Philippe FISTON, Jimmy DREUX, Christine MONTLOUIS, Nicolas THOMAS, Jacques PALLASSET.

Je vous préviens tout de suite, nul favoritisme de ma part ! D’autant que je ne vois pas de concurrentes ou de concurrents issus de mon archipel… sinon, j’aurai moi-même participé au défi saint-pierrais et miquelonais !

Plus sérieusement, c’est toujours une fierté de voir des navigatrices et des navigateurs issus des outre-mer prendre part aux courses au large.

Parce que trop souvent, on oublie le mot mer dans outre-mer. Si la France n’a pas développé une grande culture maritime – alors que nous possédons un palmarès que nous envient les autres nations dans les courses au large – elle possède pourtant des atouts maîtres, qu’elle ne soupçonne même pas.

Et ces atouts, la Région Guadeloupe, par la voix de son Président, les a bien compris. C’est d’ailleurs un plaisir de voir tous ces exposants qui vantent les mérites des Antilles ici à Saint-Malo. J’aurai l’occasion demain de visiter les stands du pavillon des îles de Guadeloupe : parce que la Route du Rhum, c’est d’abord une course légendaire, mais c’est aussi tout un écosystème qui bénéficie des retombées : l’économie bleue, le tourisme, la croisière, le secteur hôtelier/restauration, la gastronomie locale, évidemment le Rhum !

C’est d’ailleurs pour faire grandir cette culture maritime dans l’ensemble des outre-mer que je porte une ambition : développer fortement la formation aux métiers de la mer en outre-mer. Notre retard en la matière est significatif : pour ne prendre que ce seul exemple, sur les 11 lycées maritimes français, aucun ne se trouve en outre-mer.

Il existe pourtant des pôles de compétences reconnus : je pense à l’école de formation professionnelle aux métiers maritimes et aquacoles (EFPMA) en Martinique, ou encore en Guadeloupe à l’Institut régional de pêche et de marine (IRPM) et au lycée professionnel privé de Blanchet.

Mais il nous faut aller plus loin. J’ai proposé lors du dernier Comité interministériel de la mer (CIMER) que soient expérimentées des « sections maritimes » sur le modèle des « sections européennes » dans les lycées généraux.

Aller plus loin, c’est encore créer des campus des métiers de la mer sur chaque territoire d’outre-mer. C’est une ambition commune que nous partageons avec le ministre de l’Education nationale et de la jeunesse, Jean-Michel BLANQUER. Il s’agit de proposer à chaque jeune une formation professionnelle complète, BTS, licence, master, sur les métiers de la mer. Ce campus répondrait aux besoins spécifiques des territoires en matière d’économie bleue, besoins qui ne sont pas les mêmes en Guadeloupe, à Saint-Pierre-et-Miquelon ou encore à Wallis-et-Futuna. La ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique VIDAL sera associée à ce projet.  

L’inscription et le rayonnement des territoires ultramarins dans leur bassin maritime respectif est un axe stratégique de nos actions. Cette ambition est inscrite dans le Livre bleu, le référentiel des politiques publiques outre-mer de l’ensemble du gouvernement sur le quinquennat. Parce que la politique maritime de la France est nécessairement ultramarine.  

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Nous aurons l’occasion d’échanger sur ces sujets. Je remercie encore le président Ary CHALUS d’avoir organisé cette soirée qui met à l’honneur la Guadeloupe en terre malouine. J’aurai souhaité assister au départ mais je dois maintenant me rendre en Nouvelle-Calédonie, aux côtés du Premier ministre, pour suivre les résultats du référendum d’autodétermination, prévu ce dimanche.  

Je vous remercie et longue vie à la Route du Rhum !

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