Publié le 9 novembre 2016

Intervention d’Ericka BAREIGTS, Ministre des Outre-mer à l’occasion de la fête de Dipa wali

Intervention d'Ericka Bareigts à la mairie de Paris, à l'occasion de la fête indienne des couleurs : Divali

Excellence,
Monsieur le Maire-Adjoint,
Monsieur le Président du GOPIO France,
 
Je vous remercie de m’avoir invitée à m’exprimer devant vous aujourd’hui à l’occasion de la fête de Dipa wali, si importante pour nous tous et pour les Outre-mer en particulier.
 
Je dis Dipa Wali car je suis Réunionnaise et que j’ai toujours connu la Fête de la Lumière sous ce nom. Il s’agit évidemment de la même célébration de celle qui est en Inde connue sous le nom de Divali.
Je tiens avant tout à saluer l’initiative de la Maire de Paris, Madame Anne HIDALGO, d’organiser ce bel événement. Je veux également saluer Monsieur Patrick KLUGMAN, Adjoint aux Relations Internationales et à la Francophonie, dont le travail nous permet de nous rassembler ce soir. Je sais l’engagement qui est celui de la Mairie de Paris toute entière à faire du dialogue entre les peuples la clé pour mieux vivre ensemble et s’enrichir mutuellement par la compréhension de l’autre. Grâce à vous, Paris permet à chacun de vivre tel qu’il est, fort de sa richesse et de sa différence.
C’est la première édition de la Fête de la Lumière célébrée au sein de la Mairie de Paris et, quand je vois le succès d’aujourd’hui, je ne doute pas que celle-ci sera renouvelée l’année prochaine !
 
Je souhaite également rendre hommage à Son Excellence Docteur Mohan KUMAR, Ambassadeur d’Inde, dont je connais la détermination à rapprocher nos deux pays, et au Président du GOPIO France que j’aurai plaisir à retrouver samedi pour la Convention européenne du GOPIO.

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Vous le savez peut-être, je viens d’un petit bout de France qui s’est construit fort de liens étroits avec l’Inde.
 
Je viens d’un bout de France où des chars fleuris défilent sur les routes lors de Dipa wali.
Je viens d’un bout de France où des temples aux couleurs vives, à l’architecture magnifique, illuminent nos villes et nos villages.
Je viens d’un bout de France où la cuisine de certaines régions de l’Inde fait partie intégrante de notre gastronomie.
Ce bout de France, c’est l’Ile de La Réunion.
Sur cette île, la culture indienne coule dans nos veines.
Nous en sommes tous naturellement imprégnés.
 
Au-delà de la Réunion, la culture Indienne s’est largement diffusée dans de nombreux territoires d’Outre-mer. Je pense à la Nouvelle-Calédonie, à la Martinique et la Guadeloupe.
Aujourd’hui, chacun, Indiennes et Indiens, leurs descendants, fruits du métissage local, sont pleinement intégrés à notre société. Ils participent à la richesse de notre culture, à la diversité de nos territoires et à notre « vivre ensemble ». Il manquerait un pan de nos sociétés créoles si les Indiens n’y avaient pas participé et n’y participeraient pas.
 
Près de deux siècles après l’arrivée des premiers Indiens dans nos Outre-mer, nous portons l’ambition de renforcer, encore et toujours les liens directes entre l’Inde et la France, notamment par ses Outre-mer.

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Dipa wali nous rassemble aujourd’hui dans cette volonté.
Nous commémorons le retour du roi Rama au sein d’Ayodhya, accompagné de son épouse Sita. Pour célébrer le retour de leur monarque après avoir terrassé le démon, les habitants de la capitale avaient allumé tout le long du chemin de Rama de petites lampes de terre cuite. Ainsi est née la fête de Di pa wali, la fête de la Lumière, que nous célébrons aujourd’hui.
Ma conviction profonde est que les histoires partagées, la mémoire, éclairent notre présent et participent à tracer l’avenir. Elles apportent à chacun un supplément d’âme au quotidien et aujourd’hui, rappellent que nous devons ensemble agir pour la victoire du bien sur le mal, le triomphe de la lumière sur les ténèbres.

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En célébrant la culture indienne, nous mettons surtout en lumière l’étroitesse des liens qui existent entre l’Inde et la France.
 
En janvier dernier, je participais à la visite d’État du Président de la République en Inde.
Certains me pensaient membre de la délégation indienne, d’autres membre de la délégation française… le lien entre les peuples n’a pas de couleur, il est fait du choix des peuples d’entretenir des relations d’amitié et de confiance.
Nous partageons ensemble la même vision du monde et le même attachement au multilatéralisme. Nos deux démocraties ont en commun les valeurs de tolérance, de respect et de diversité. Mais surtout, nous souhaitons avancer ensemble pour une mondialisation plus juste, plus équitable et plus respectueuse de l’environnement.
 
Je voudrais évoquer plus spécifiquement ce dernier sujet tant il est emblématique de ce que l’Inde et la France peuvent apporter au monde entier et tant il est important, aussi, pour les Outre-mer.
Quand je parle d’apports qui bénéficieront au monde entier, je sais que l’Alliance Solaire Internationale en est le parfait exemple. Nos deux pays ont engagé une mobilisation mondiale pour le développement des énergies renouvelables. En parallèle à la discussion de l’Accord de Paris signé à la COP 21, le 30 novembre 2015, plus de 35 chefs d’Etat et de gouvernement se sont ralliés à la Déclaration pour l’Alliance solaire internationale portée par nos deux Etats.

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La relation franco-indienne ne se limite pas au niveau des Etats. Nos liens importants doivent pouvoir être développés et consolidés au niveau local.
 
Les Outre-mer ont à ce titre un rôle immense à jouer pour rapprocher nos peuples. Voilà pourquoi j’ai fait de la coopération régionale de nos territoires une priorité de mon action.
 
Grâce aux Outre-mer, la France est présente dans tous les océans. Elle ne s’arrête pas aux côtes hexagonales comme certains voudraient le faire croire.
 
La proximité de nos Outre-mer de pays aussi divers que l’Inde, l’Afrique du Sud, le Canada ou le Brésil est une chance. Dans la mondialisation d’aujourd’hui, cette situation géographique représente une opportunité incroyable.
 
Nos territoires ont tout à gagner du développement des échanges et des actions avec leurs voisins, proches comme plus lointains. Nous voulons accroître considérablement ces relations.
 
C’est le sens de la proposition de loi du député Serge LETCHIMY, que je discuterai très prochainement au Sénat.
Grâce à cette proposition, les présidents des collectivités d’Outre-mer pourront élaborer des programmes-cadre de coopération régionale. C’est une révolution historique et conceptuelle. Elle étend le champ géographique permettant aux collectivités de signer des accords de coopération régionale. Le rayonnement de nos Outre-mer ne peut se limiter au seul voisinage de proximité. L’Inde constitue par exemple un partenaire stratégique évident pour Mayotte et la Réunion.
Enfin, le rapprochement des Outre-mer et de leurs grands voisins passe par les diasporas. Nous devons prendre exemple sur l’action dynamique du GOPIO pour initier nous aussi une diaspora ultramarine qui rayonnerait de par le monde. Nous devons être fiers de qui nous sommes et de la France que nous incarnons.
Le rapprochement de nos peuples se fera aussi par le développement des échanges éducatifs et culturels.
L’aspect éducatif et culturel des prochaines actions de coopération me semble prioritaire. Il faut que ces échanges se renforcent pour permettre un enrichissement mutuel et une meilleure connaissance des cultures au sein de notre environnement régional. Il faut que nos jeunes aient l’opportunité de rencontrer lors de séjours de stage ou d’études de jeunes Indiens, Cubains ou Australiens.
C’est l’une des dispositions du projet de loi Egalité Réelle Outre-mer actuellement en débat au Parlement. Grâce à une réallocation des fonds publics, la mobilité des jeunes sera ainsi ouverte à leur environnement régional. Le Prix Nobel de littérature indien, Rabindranath TAGORE, écrivait : « Le voyageur doit frapper à toutes les portes avant de parvenir à la sienne ».
On ne saurait trouver meilleure formule pour résumer notre volonté : celle de faire découvrir aux jeunes Ultramarins leurs voisins pour mieux se connaître eux-mêmes.

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La coopération régionale s’inscrit dans une volonté d’ouverture au monde et à ses différentes cultures.
 
Elle élargit les horizons de notre société.
Elle participe à un « vivre-ensemble » où la connaissance de l’étranger est affirmée et valorisée.

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Excellence,
Monsieur le Maire-Adjoint,
Monsieur le Président du GOPIO France,
 
Aimé Césaire écrivait : « Les hommes de bonne volonté feront au monde une nouvelle lumière ».
 
En cette fête de la Lumière et alors que le rejet de l’autre et l’obscurantisme pourraient triompher cette nuit lors de l’élection présidentielle américaine, nous nous devons de faire jaillir cette nouvelle lumière.
En défendant le rapprochement entre les peuples, la coopération régionale et le développement des échanges, nous créons, à notre manière, une nouvelle lumière.
 
A la fermeture et à la défiance, nous opposons la richesse de la diversité et la connaissance mutuelle. L’Inde, la France, leurs villes et leurs villages, seront désormais des traits d’union.
A nous tous de bâtir ensemble cette nouvelle et belle relation !
 
Je vous remercie.

 

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► Ericka Bareigts : 01 53 69 26 74

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