Publié le 6 mars 2017

Intervention de clôture de la conférence nationale de Sécurité par Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer

Intervention d'Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer prononcée en clôture de la Conférence nationale de sécurité Outre-mer, lundi 6 mars 2017, au MOM.

Seul le prononcé fait foi
Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Madame la Directrice Générale des Outre-Mer,
Mesdames et Messieurs les Préfets,
Monsieur le Président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie,
Monsieur le Président de Conseil Régional,
Madame la Présidente de Conseil Départemental,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Monsieur le Procureur,
Mesdames et Messieurs les membres des forces de sécurité,
Mesdames et Messieurs les Présidents d'associations,
Mesdames et Messieurs en vos titres, grades et qualités,
Mesdames et messieurs,
 
Le Ministre de l'Intérieur, Bruno LEROUX, étant actuellement retenu à Mayotte, il me revient de conclure la matinée de cette première Conférence nationale de sécurité, organisée 9 mois seulement après la signature du Plan Sécurité Outre-mer.
 
Nos échanges, réflexions et débats furent particulièrement riches tout au long de la matinée. Les échanges se poursuivront d'ailleurs cet après-midi : je regarderai avec attention la synthèse de ces réflexions.  Je ne doute pas qu'ils se dérouleront avec le même souci qui nous a guidés jusqu'à présent : celui d'être utiles et productifs.
 
Les attentes de nos concitoyens en matière de sécurité sont tout à la fois importantes et légitimes. Il s'agit du premier des droits que de vivre en paix et en tranquillité et de pouvoir faire vivre sa famille dans un environnement sûr.
 
Face à ces enjeux, et comme le Premier ministre, Bernard CAZENEUVE, le rappelait tout à l'heure, le gouvernement est pleinement mobilisé. Nous devons garantir à tous nos concitoyens la sécurité.
 
Les territoires ultramarins recouvrent des situations extrêmement variées en termes de délinquance. Les enjeux et les besoins de la Guyane ne sont pas les mêmes que ceux de la Nouvelle-Calédonie, la Martinique ou la Polynésie française. C’est pourquoi nous avons besoin de co-construire nos politiques de sécurité : il nous faut écouter la voix des élus locaux et des acteurs associatifs qui sont de grands connaisseurs des réalités du terrain. C’était notre volonté en organisant cette première conférence nationale de sécurité.
 
Il faut, en effet, mobiliser tous les acteurs et agir sur toute la chaîne : c’est l’un des moyens permettant d’amplifier nos efforts dans la lutte contre la délinquance. La sécurité est un sujet transpartisan et une priorité partagée par l’ensemble des parties prenantes, comme le montre d'ailleurs cette salle : nous pouvons nous en féliciter.
 
La participation des préfets, des membres de l'autorité judiciaire, des forces de sécurité, des élus locaux et des présidents d'associations à cette Conférence nationale atteste de la volonté unanime d’écoute, de dialogue et de co-construction.
 
Cette conférence nous permet également de dresser un bilan d’étape de la mise en œuvre du Plan Sécurité Outre-mer constitué de 22 mesures et décliné selon trois axes principaux. Ce Plan a créé une réelle dynamique en faveur de la sécurité dans chacun des territoires.
 
Une dynamique en matière de gouvernance tout d’abord, premier axe du Plan Sécurité Outre-mer.
 
Celle-ci a été considérablement renforcée afin de permettre une réponse plus efficace des pouvoirs publics.
 
Sous le pilotage étroit des états-majors de sécurité, la coordination opérationnelle renforcée entre les agglomérations et les territoires a été rénovée dans l’ensemble des territoires.
 
En matière de prévention de la délinquance, comme nous l’avons évoqué en début de matinée, les préfets ont soutenu la création de Conseils Locaux de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) en Outre-mer. Avec 75 CSLPD aujourd’hui créés – dont 62 dans les 72 communes où c’est obligatoire, la gouvernance dans ce domaine a été sensiblement améliorée !
 
Je tiens à cet égard à saluer de nouveau l'engagement croissant des élus locaux en la matière : les maires disposent d’un rôle moteur, sinon pilote, dans la politique de prévention de la délinquance.
 
Concernant la lutte contre l’immigration clandestine, une nouvelle gouvernance a été conçue. La police aux frontières va dorénavant assurer l’intégralité de la gestion des étrangers en situation irrégulière après leur interception en mer par les différents services. Les forces mobiles libérées vont ainsi se consacrer à des missions de sécurité publique aux lieux et horaires les plus exposés à la délinquance. Je pense par exemple à l’arrivée de la Verdon dès l’été prochain à Mayotte.
 
Une dynamique visant à élargir les champs de la lutte contre l’insécurité, ensuite.
 
La mobilisation en faveur de la lutte contre les trafics de stupéfiants et la circulation des armes a été réaffirmée. Ainsi, un détachement de l’antenne OCRTIS Antilles-Guyane a été créé : composé de 10 enquêteurs, il est opérationnel depuis janvier 2017. Vous le voyez : nous sommes déterminés à agir vite !
 
Par ailleurs, en matière de circulation des armes à feu, les opérations «Déposez les armes » ont été reconduites et le recours systématique à un examen balistique des armes saisies se développe dans les territoires : il est déjà effectif en Guadeloupe.
 
Si les formes les plus marquantes de délinquance sont le plus souvent évoquées, nous ne devons pas sous-estimer pour autant d’autres formes moins visibles mais toutes aussi graves. Je pense notamment aux violences contre les femmes, aux violences sexuelles et intra-familiales. Ces formes de délinquance sont toutes aussi dangereuses pour le pacte républicain et la cohésion des sociétés ultramarines.
 
Enfin, nous pouvons constater une réelle dynamique en matière de crédits budgétaires et d’effectifs des forces de sécurité.
 
Les engagements du gouvernement ont été tenus : 563 policiers et 310 gendarmes ont été affectés ou projetés dans les Outre-mer en 2016 et 2017 sur un objectif initial de 370 policiers et 242 gendarmes (mesures 15 et 16 du Plan Sécurité). Nous pouvons nous féliciter de ce renforcement sensible des effectifs au sein des territoires.
 
Une Brigade de Prévention de la Délinquance et de la Jeunesse a été créée à Nouméa avec 6 gendarmes.
 
Je souhaite à cet égard remercier les forces de police, de gendarmerie et des douanes pour la qualité de leur travail quotidien. Je ne doute pas que le Ministre de l'Intérieur vous aurait adressé ses remerciements les plus sincères mais je crois qu'il est important que la Ministre des Outre-mer salue également votre engagement constant et déterminé afin de protéger nos près de 3 millions de compatriotes.
 
Mais cette dynamique ne concerne pas que les effectifs : nous avons également accru les investissements pour améliorer la sécurité de nos concitoyens ultramarins.
L’augmentation des subventions versées aux collectivités calédoniennes pour la construction de casernes de gendarmerie a d’ores et déjà été actée (rehaussement de 18 à 25%). Les nouveaux commissariats de Fort-de-France et de Cayenne seront respectivement livrés en 2018 et 2020. 
 
***
 
Mesdames et Messieurs,
 
La conférence nationale de sécurité Outre-mer a permis de réunir toutes les parties prenantes en la matière : nous avons pu échanger ensemble - et nous continuerons à le faire ! - avec la volonté d’améliorer et d’amplifier nos politiques de sécurité.
 
La délinquance ne peut être admise et tolérée au sein de nos territoires : elle remet en cause les équilibres sur lesquels reposent les sociétés ultramarines et doit donc être ardemment combattue par les pouvoirs publics.
 
Je tiens  à le rappeler avec force et gravité : assurer la sécurité à chacune et chacun d'entre nous n'est pas qu'un devoir de la République, c'est l'un de ses principes fondateurs. Et nous nous mobilisons chaque jour pour le faire respecter partout et pour tous nos concitoyens.
 
Je vous remercie.
Contact
Service de presse
Ericka Bareigts : 01 53 69 26 74
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