Publié le 8 novembre 2017

Accord de coopération France - Suriname, Intervention de Madame Annick Girardin, ministre des outre-mer

Intervention d'Annick GIRARDIN, ministre des outre-mer, à l'occasion de la signature d'un accord de coopération entre la France et le Suriname avec Yldiz POLLACK-BEIGHLE, ministre des Affaires Étrangères du Suriname.

Seul le prononcé fait foi
Madame la Ministre,
Monsieur  l’ambassadeur, Excellence,
Mesdames et Messieurs les membres de la délégation surinamienne,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs
C’est un grand plaisir pour moi, et un honneur, de vous accueillir ici, Mme la Ministre pour écrire avec vous une nouvelle page des relations franco-surinamiennes. Je me réjouis de la signature de cet accord de délimitation maritime et de la Déclaration qui l’accompagne, d'abord par leur contenu, mais également et surtout, par l'esprit de coopération privilégiée entre nos deux pays qu'elle traduit.
 L’accord que nous sommes sur le point de signer permet de conclure de très longues discussions, puisqu’elles ont débuté dans le courant des années 1990. Il porte sur  la délimitation de notre frontière maritime dans l'estuaire du fleuve Maroni. Il règle les questions de souveraineté en mer, que complète la Déclaration. Celle-ci  a pour objet de définir le cadre de notre coopération en matière maritime, et, au-delà,  de fixer des objectifs de coopération dans les domaines économique ou environnemental ; elle prévoit aussi de lutter contre les activités illicites en prévoyant des actions communes.
L'exploitation de la ressource halieutique est un atout majeur pour le Suriname comme pour la Guyane et c’est ensemble que nous devons nous en préoccuper. L’exploitation raisonnée et coordonnée de cette ressource permettra le développement économique indispensable sur les deux rives du grand fleuve. Mais cette exploitation doit se faire dans le respect de la capacité des ressources à se renouveler, d’où la nécessité d’un contrôle des activités humaines dans cet espace,  et c'est là que se situe notre intérêt commun.
 
Mais au-delà de cet accord, Mme la Ministre, la France attachera toujours la plus grande importance à la qualité de notre relation bilatérale.  L’amitié entre la France et le Suriname est  cimentée dans cette tradition historique du vivre ensemble, le long du fleuve Maroni par les populations amérindiennes et bushininguées ; elle s’est construite dans les allers-retours permanents entre les deux rives du fleuve et sera féconde, je n’en doute pas, des multiples aboutissements de ce partenariat que nous sommes en train de nouer.
 
De nombreux dossiers sont en effet sur la table.
 
Et c'est d’ailleurs la seconde et principale raison pour laquelle je me réjouis de ce moment privilégié. La signature de cet accord marque surtout à mes yeux la réaffirmation de la confiance et de la coopération constructive entre nos deux États.
 
C'est ainsi que je crois savoir, Mme la Ministre, qu'un accord de coopération policière qui date de plusieurs années a été ratifié tout récemment par votre Parlement, et nous savons toutes les deux à quel point la mise en œuvre effective de ce texte sera importante pour sécuriser nos procédures et pour renforcer nos outils de lutte contre le narco trafic. Le phénomène des mules qui touche toute une frange de la jeunesse guyanaise appelle des réponses adaptées ; et la ratification de cet accord, qui permettra dans l'avenir, je l'espère, de créer à notre frontière commune un centre de coopération policière et douanière est un élément central de notre dispositif.
 
D'autres exemples de cette collaboration renforcée entre Suriname et France viendront très bientôt, j'en suis certaine, s'ajouter à celui-là. La question importante du transfert des détenus qui purgent une peine d'emprisonnement au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly est ainsi à l’ordre du jour des discussions et je vous remercie de l'intérêt que vous y portez.
 
De façon plus générale, c'est la volonté affichée par le gouvernement auquel vous appartenez d'aller plus loin sur la coopération en matière de sécurité que je me dois ici de saluer et d'encourager.
 
Nous faisons face à des défis communs, qui appellent une réponse commune. Je pense notamment à la lutte contre l'orpaillage clandestin qui constitue un fléau non seulement à cause de la violence qu'il engendre, mais aussi du fait des atteintes insupportables qu'il porte à l'écosystème. Les conséquences dramatiques de l’usage du mercure dans les sols, sur la qualité des eaux, sur la flore et la faune sauvage, sur la santé des populations qui vivent le long des fleuves est une source majeure de préoccupation pour les pouvoirs publics.
 
A l’heure où la France s’apprête à accueillir la Conférence sur le climat de Paris du 12 décembre 2017, comment, en effet, ne pas souligner le prix que nous attachons à la préservation et à la valorisation de l’environnement amazonien que nous avons en commun ? Poumon vert de la planète, la forêt amazonienne constitue un fabuleux réservoir de biodiversité et un sanctuaire pour de nombreuses espèces menacées. La défendre et apprendre à utiliser ses ressources pour le bien commun de nos populations constitue un de nos engagements politiques les plus forts.
 
Au travers de cette rencontre et au-delà des textes qui vont être paraphés, c'est donc l'émergence d'un climat propice aux discussions et aux progrès dans notre relation de proximité que je salue. Elle va de pair, je tiens à le souligner, avec la démarche d’intégration de la Guyane à son environnement régional que j'encourage et que je soutiens. A cet égard, je me réjouis de constater que nombreux sont les dossiers qui témoignent de la vitalité de la relation transfrontalière : nous renforçons nos échanges commerciaux, nous constatons  une augmentation des flux touristiques de part et d'autre, et nous avons devant nous  la perspective de la mise en service d'un nouveau bac international entre Albina et Saint-Laurent du Maroni.
 
Je sais également que nos équipes travaillent  à la relance de la coopération culturelle dans le cadre du Conseil du Fleuve, qui aura bientôt un rythme de réunions plus régulier et plus riche. Ce cadre de dialogue entre les populations qui vivent sur les deux rives de l’estuaire du Maroni et qui partagent la même langue, la même mémoire et la même relation séculaire à l’océan fait partie des thèmes auxquels je suis attachée.
 
Nous voyons donc se mettre en place progressivement les contours d'un partenariat exemplaire, à la hauteur des attentes de nos populations, plaçant cette journée sous le signe de  l'amitié et de la coopération de la France avec son voisin et partenaire privilégié : la République du Suriname.
Je vous remercie.
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