Publié le 17 novembre 2016

Accompagnement de la filière banane

Depuis 2000, la production de banane est en diminution. La production globale stagne à 40 % de la production communautaire mais depuis la mise en place du régime d’aide POSEI en 2007, la remontée de la production apparait notable. Celle-ci s’explique par la sécurisation du dispositif qui garantit aux productions un niveau d’aide constant, ce qui favorise l’investissement et le travail sur les améliorations techniques.

 

Premiers résultats de la nouvelle politique :

Cette évolution positive se trouve toutefois régulièrement contrainte par les aléas climatiques auxquels doit faire face la bananeraie antillaise, particulièrement fragile aux vents et aux fortes pluies. Après les difficultés survenues lors du cyclone DEAN, où il a fallu replanter intégralement les plantations, l’augmentation des capacités de productions a été fortement freinée en 2010.
 
L’augmentation de la production en Guadeloupe a conduit les producteurs à demander une augmentation de 20 000 tonnes/an des références individuelles servant de base au calcul de l’aide Poséi et le conseil régional de Guadeloupe a annoncé qu’il était prêt à abonder le budget de 10 M €/an pour accompagner cette demande. Il est néanmoins difficile de porter cette demande au niveau de Bruxelles car la Martinique touche toujours l’aide complète tout en étant à 60 000 tonnes de moins que le plafond des références individuelles.
 
Le nombre d’exploitants, en constante diminution depuis 2000, continue sa chute ; il passe de 1 200 producteurs en 2000 à 640 producteurs en 2011 et reste stable depuis.
 
Il convient de noter une forte concentration de l’activité autour d’un petit nombre d’exploitations. Ce phénomène se rencontre dans les 2 îles mais apparait plus prégnant en Martinique. En effet, sur ce territoire 15 % des producteurs détiennent plus de 80 % de la sole bananière. Cette situation s’explique par de nombreuses restructurations suite aux années de crise vécues depuis 2003. Les gros producteurs tendent à se spécialiser et à moderniser leur outil alors que les petits arrêtent et cèdent leurs références historiques.
 
 
Emplois :
 
 Le nombre d’emplois (directs et indirects) générés par la filière serait de 8 000 à 13 000 dont 6 000 emplois directs (AGRESTE) : l’aide représente donc 22 000 € par emploi direct et par an. Le nombre d’emplois générés par la filière est étroitement lié au niveau de production : toute baisse significative de la production se traduirait donc par une baisse en proportion des emplois liés.
 
Une filière structurée et un marché stable :
 
Depuis quelques années, la profession s’est engagée non sans succès sur la voie de la modernisation : réduction du nombre de groupements de producteurs, commercialisation de la quasi-totalité de la production par l’UGPBAN, amélioration de la qualité, réduction du recours aux pesticides (la banane antillaise est la plus « propre » du monde – suite aux efforts réalisés, dans le cadre du contrat de progrès 2003-2008 : 60 % de réduction des pesticides de 1996 à 2006, et en cours : plan banane durable 2008-2013), acquisition d’un réseau de murisseries en métropole, augmentation de la productivité, effort de promotion, etc.
 
Des efforts restent à fournir mais la banane antillaise maintient sa position sur le marché et tend à s’ouvrir le marché européen, elle  représente 40 % du marché national et 6 % du marché européen.
Par ailleurs, malgré l’arrivée de la cercosporiose qui inquiète les producteurs quant à leur avenir, le marché apparaît stable avec une légère tendance à la hausse depuis 2011.
 
 Evolution des prix moyens du kilo de banane (source : CIRAD)
 
 Les aides à la filière :
 
En moyenne, une exploitation bananière reçoit :
Pour la Martinique : 200 000 € d’aide POSEI + 7 390 € d’aides diverses (principalement mesures FEADER) soit 207 390 €/exploitation/an. Il convient de rajouter à ces aides le financement de mesures de communication, promotion et recherche et développement à hauteur 23 746 500 € pour la période 2007-2014 pour l’ensemble de la Martinique.
 
Pour la Guadeloupe, le montant global d’aide par exploitation s’élève à 214 314 €/exploitation/an. Les aides aux actions de communication, promotion, recherche et développement sont elles de 24 884 000 € pour la période 2007-2014 pour l’ensemble de la Guadeloupe.
 
Régime d’aide POSEI : 
 
L’aide annuelle POSEI banane de 129,1 M€ représente 49,14 % de l’enveloppe POSEI toutes filières et tous DOM confondus (alors que la banane représente 20 % de la valeur de la production totale, 8,2 % de la surface agricole utilisée et 3,5 % des exploitations des DOM).
Un niveau d’aide élevé : la diminution du nombre d’exploitants se traduit par une accentuation de la concentration de l’aide qui passe de 78 000 €/ exploitation  en 2001 à prés de 180 000 € en 2008 pour atteindre aujourd’hui un niveau moyen de 200 000 € /exploitation.
 
Ce chiffre ne reflète pas la réalité de toutes les exploitations, car l’aide est versée à la production (500 €/tonne) en fonction des références historiques établies sur la base du niveau de production entre 2001 et 2005 (moyenne olympique).
 
Ramenée à la surface, l’aide  représente 15 800 €/ha. Cette moyenne reste toute fois relative car les niveaux de productions apparaissent très variables. D’une manière générale les petits producteurs sont moins performants que les gros.
Les exploitations de moins de 5 ha qui représentent presque 30 % des producteurs, avec une surface moyenne de 2,29 ha perçoivent une aide moyenne de 10 163 €/ha pour un rendement de 20,28 tonnes de banane commercialisées/hectare soit une aide à l’exploitation de 23 273 €.
 
Les exploitations supérieures à 50 ha représentant 6 % des productions mais globalisant plus de 50 % de la production totale, perçoivent une aide moyenne de 18 411 €/ha soit 1 401 0077 €/exploitation (surface moyenne 76,1 ha)
L’aide est donc très inégalement répartie et fortement concentrée.
 
En complément de ce régime d’aide, il a été décidé au titre de l’année 2012, dans le cadre de la refonte du règlement POSEI initiée en 2010, d’accorder à la filière banane Française une aide compensatoire aux accords de libre échange négociés par l’Union Européenne avec des pays tiers d’un montant de 18,52 M€
 
Evolution du régime POSEI pour prendre en compte l’arrivée de la cercosporiose noire 
 
Depuis 2010, cette maladie causée par un champignon attaque fortement la bananeraie antillaise. Sans gestion adéquate, l’infection entraine des chutes de rendement importantes. Les itinéraires techniques mis en place par la filière permettent de contenir son expansion et de limiter son impact sur la production, trouver des options pour éradiquer cette maladie revêt un enjeu majeur pour la filière. Dans ce cadre, des projets scientifiques de recherche variétale ou encore de lutte adaptée sont en cours. A ce jour, la lutte par traitement aérien étant la plus efficiente, mais interdite par les tribunaux administratifs, il apparaît urgent d’intensifier les travaux de recherche en vue de solutions alternatives, permettant ainsi se conformer à la réglementation européenne et éviter la contestation de plus en plus vive  de la population et les élus locaux.
 
Afin de limiter l’impact de la maladie, la mise en œuvre du mécanisme de circonstances exceptionnelles, ayant pour but la reconstitution des tonnages en vue du déblocage de l’aide, a été décidé pour la campagne culturale 2012. Au titre de la campagne 2013, le mécanisme de gestion de la maladie a été intégré dans le régime d’aide. Un cahier des charges techniques est mis en place, le respect de ce cahier conditionne des reconstitutions de tonnages. A compter de la campagne 2014, à la demande de la commission, nous avons mis en place un contrat d’engagement de production de bananes durable ayant un objectif plus large et intégrant la filière dans mécanisme plus vertueux.
 
Effacement des dettes dues sur la période OCM Banane : 
 
Les dysfonctionnements de l’OCM ont provoqué un endettement de la filière vis-à-vis de l’Etat (qui palliait par des prêts la sous-compensation de l’aide européenne). Cet endettement a été effacé en 2008 par la transformation de 40,5 M€ de prêts accumulés au fil des ans en subvention.
 
Le Plan Banane Durable (PBD) : 
 
La filière reçoit par ailleurs d’autres aides : sur la programmation 2007-2013, celles-ci sont regroupées dans le cadre du plan banane durable pour un montant d’intervention global de 103 063 000 € dont 92 220 000 € d’interventions publiques se répartissant en : 65 146 000 € d’aides publiques + 27 074 000 € d’intervention d’établissement public (CIRAD+ IRSTEA).
 
L’aide directe aux exploitations comptabilise 55 % de la maquette financière mais le soutien important à l’encadrement technique de la filière est également à noter. En effet sur la programmation actuelle, les postes d’encadrement technique des organisations de producteurs  (OP) du secteur banane export sont financé via la mesure 111 B du FEADER. Cette même mesure a permis la mise en œuvre de plate-forme de transfert via l’IT2 qui a été crée dans le cadre du plan banane durable. L’Etat, au travers du BOP 154 et du BOP 123, constitue l’un des principaux apporteurs. Le soutien important de l’Etat une volonté forte d’accompagner la filière dans sa structuration alors même que d’autres filières ne bénéficient pas de ce type de mesures outre-mer (filières animales à la réunion auto financent leur encadrement technique)
 
La maquette financière initiale  du PBD met en exergue une forte intervention publique au travers des soutiens des fonds européens, de l’Etat, des collectivités locales, ou d’établissements publics.
Arrivant au terme de ce programme stratégique pour la filière, le Ministère des Outre-mer et le Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Forêt ont sollicité une évaluation du dispositif afin d’améliorer son efficience en vue de la mise en place d’un PBD 2.
 
Une étude préalable du CGAEER a été demandée par le MAAF, celle-ci fait ressortir la forte implication publique mais n’a pas réussi à retracer la majorité des contreparties privées.
 
L’évaluation du dispositif est actuellement engagée depuis Novembre 2013 par le cabinet Bleizat retenu au terme d’une procédure d’appel d’offre. Un comité de suivi de l’évaluation a été crée, celui-ci rassemble
toutes les parties prenantes de la filière banane aux Antilles.
 
Vers un plan banane durable 2 (PBD2) : 
 
Suite à la sollicitation des producteurs, le MOM et le MAAF ont répondu favorablement et ont mis en place un groupe de travail préfigurateur du COPIL qui contribuera à la construction du nouveau sur la période 2014-2020. Lors du dernier comité sectoriel de l’odeadom qui s’est tenu en décembre 2014, les professionnels ont porté une demande à hauteur de 38 M/an ce qui représente une augmentation de près de 50 % par rapport au plan précédent.
 
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